Claude Opus vs Sonnet : quel modèle choisir ?
Claude Opus 5 et Sonnet 5 partagent une fenêtre de contexte de 1 million de tokens, mais la génération 5 a redessiné la ligne de partage entre les deux modèles. Opus 5, le flagship, atteint 43,3 % sur Frontier-Bench (codage agentique) et coûte 5 $ / 25 $ par MTok. Sonnet 5, le mid-tier, dépasse même l’ancien flagship Opus 4.8 sur Terminal-Bench 2.1 (80,4 % contre 74,6 %) pour un tarif de lancement de 2 $ / 10 $.
J’ai utilisé les deux modèles intensivement sur mes projets depuis leur sortie (Sonnet 5 le 30 juin, Opus 5 le 24 juillet 2026). Voici comment choisir le bon modèle selon votre cas d’usage.
Tableau de décision rapide
Avant d’entrer dans les détails, voici un résumé actionnable pour faire votre choix en 30 secondes.
| Critère | Sonnet 5 | Opus 5 |
|---|---|---|
| Prix (entrée / sortie) | 2 $ / 10 $* par MTok | 5 $ / 25 $ par MTok |
| Positionnement | Mid-tier | Flagship |
| Fenêtre de contexte | 1M tokens | 1M tokens |
| Sortie maximale | 128K tokens | 128K tokens |
| SWE-bench Pro (codage) | 63,2 % | 79,2 % |
| Terminal-Bench 2.1 (agent) | 80,4 % | — |
| Frontier-Bench (codage agentique) | — | 43,3 % |
| Tokenizer | Nouveau (+30 % de tokens) | Standard |
| Toggle d’effort | Thinking adaptatif (défaut) | low / medium / high |
| Cas d’usage principal | Codage quotidien, agents en continu, budget serré | Raisonnement extrême, refactoring massif, orchestration |
*Tarif de lancement en vigueur jusqu’au 31 août 2026 ; tarif standard ensuite : 3 $ / 15 $ par MTok.
Règle simple : commencez par Sonnet 5. Passez à Opus 5 si vous avez besoin de raisonnement extrême, de refactoring multi-fichiers à grande échelle, de computer use de pointe ou d’orchestrer une flotte de sous-agents.
Benchmarks génération 5 : Opus 5 domine le codage agentique lourd (43,3 % sur Frontier-Bench) quand Sonnet 5 s’impose en agentique terminal (80,4 % sur Terminal-Bench 2.1).
Benchmarks : deux modèles taillés pour des tâches différentes
La génération 5 a rebattu les cartes. Sonnet 5 ne se contente plus d’être un « Opus au rabais » : il dépasse l’ancien flagship Opus 4.8 sur le codage agentique en terminal. Opus 5, de son côté, reprend une avance nette sur les tâches de raisonnement et de codage agentique les plus lourdes. L’écart ne se lit plus sur un seul chiffre, mais sur le type de tâche.
Codage agentique : Opus 5 devant, mais Sonnet 5 très proche
Sur Frontier-Bench, le benchmark de codage agentique qui mesure la résolution de tâches d’ingénierie multi-étapes de bout en bout, Opus 5 atteint 43,3 %, plus du double du score d’Opus 4.8 (18,7 %) et devant Fable 5 (33,7 %) et GPT-5.6 Sol (34,4 %) (source : annonce officielle d’Anthropic). C’est le benchmark où l’écart avec le mid-tier est le plus marqué.
Sur SWE-bench Pro, le benchmark de résolution de bugs sur dépôts réels, Opus 5 monte à 79,2 % contre 63,2 % pour Sonnet 5. En pratique, Sonnet 5 reste très performant pour écrire une fonction, corriger un bug clair ou rédiger des tests unitaires. Mais pour les refactorisations multi-fichiers à grande échelle et le codage agentique de longue haleine, Opus 5 a une longueur d’avance. Pour un guide complet sur le flagship, consultez notre guide Opus 5 ; pour le détail du mid-tier, notre guide Sonnet 5.
Terminal-Bench : Sonnet 5 dépasse Opus 4.8
C’est le résultat le plus marquant de cette génération. Sur Terminal-Bench 2.1, qui mesure les tâches réelles dans un terminal — enchaîner des commandes, manipuler des fichiers, déboguer un environnement — Sonnet 5 obtient 80,4 %, devant l’ancien flagship Opus 4.8 (74,6 %). C’est la première fois qu’un modèle Sonnet devance le flagship Opus de la génération précédente sur ce type d’épreuve.
Sonnet 5 se montre également compétitif sur GDPval, le benchmark qui évalue le travail de connaissance économiquement utile (analyse, rédaction, synthèse) plutôt que du pur codage. Si votre usage relève du knowledge work quotidien, Sonnet 5 couvre l’essentiel à une fraction du coût d’Opus 5.

Computer use : Opus 5 franchit un cap
Sur OSWorld, le benchmark de pilotage d’interfaces graphiques, Opus 5 revendique l’état de l’art sur la nouvelle version OSWorld 2.0, réputée plus difficile que l’OSWorld-Verified précédent — et ce à environ un tiers du coût des modèles concurrents comparables. Sonnet 5 atteint 81,2 % sur OSWorld-Verified, proche mais un cran derrière Opus 4.8 (83,4 %). Pour les usages de computer use les plus exigeants, l’écart peut justifier de rester sur un modèle Opus.
Raisonnement abstrait : ARC-AGI 3
Sur ARC-AGI 3, le benchmark conçu pour résister à la mémorisation et mesurer la généralisation sur des tâches inédites, Opus 5 obtient 30,2 %, un score revendiqué à environ trois fois celui du modèle suivant. C’est un indicateur suivi de près par la communauté, et un domaine où le flagship conserve une avance nette. Les deux modèles gardent une fenêtre de 1M tokens, fiable pour la récupération d’informations dans des documents volumineux.
| Benchmark | Opus 5 | Sonnet 5 | Opus 4.8 | Ce qu’il mesure |
|---|---|---|---|---|
| Frontier-Bench | 43,3 % | — | 18,7 % | Codage agentique de bout en bout |
| SWE-bench Pro | 79,2 % | 63,2 % | 69,2 % | Résolution de bugs sur dépôts réels |
| Terminal-Bench 2.1 | — | 80,4 % | 74,6 % | Tâches agentiques en terminal |
| OSWorld | état de l’art (2.0) | 81,2 % (Verified) | 83,4 % (Verified) | Computer use, pilotage d’interfaces |
| ARC-AGI 3 | 30,2 % | — | — | Raisonnement abstrait, généralisation |
Prix et coût par requête
Opus 5 conserve le tarif standard d’Opus : 5 $/MTok en entrée et 25 $/MTok en sortie, soit le même prix qu’Opus 4.8 (source : page de tarification Anthropic). Sonnet 5 est lancé à 2 $/MTok en entrée et 10 $/MTok en sortie, un tarif de lancement en vigueur jusqu’au 31 août 2026, avant de repasser à 3 $ / 15 $ (le prix de Sonnet 4.6). Le point d’attention majeur : le nouveau tokenizer de Sonnet 5 produit environ 30 % de tokens en plus pour un même texte, ce qui augmente son coût effectif par requête.
Comparaison des tarifs API
| Modèle | Entrée | Sortie | Cache hit | Batch (entrée/sortie) |
|---|---|---|---|---|
| Opus 5 | 5 $/MTok | 25 $/MTok | 0,50 $/MTok | 2,50 $ / 12,50 $ |
| Sonnet 5 | 2 $/MTok* | 10 $/MTok* | 0,20 $/MTok* | 1 $ / 5 $* |
| Haiku 4.5 | 1 $/MTok | 5 $/MTok | 0,10 $/MTok | 0,50 $ / 2,50 $ |
*Tarif de lancement Sonnet 5 jusqu’au 31 août 2026 ; tarif standard ensuite : 3 $ / 15 $ par MTok (cache hit 0,30 $, batch 1,50 $ / 7,50 $).
Coût par requête typique
Prenons une interaction courante de codage : 2 000 tokens en entrée et 8 000 tokens en sortie.
- Opus 5 : (2 000 x 5 / 1 000 000) + (8 000 x 25 / 1 000 000) = 0,01 + 0,20 = 0,21 $
- Sonnet 5 : (2 000 x 2 / 1 000 000) + (8 000 x 10 / 1 000 000) = 0,004 + 0,08 = 0,084 $
Opus 5 revient donc environ 2,5 fois plus cher par requête au tarif de lancement de Sonnet. Mais attention : le nouveau tokenizer de Sonnet 5 génère environ 30 % de tokens en plus pour un même texte, ce qui porte le coût effectif de Sonnet à environ 0,11 $ dans ce scénario, et le rapprochera encore d’Opus une fois le tarif standard (3 $ / 15 $) rétabli après le 31 août. Sur 10 000 requêtes par mois, la différence reste néanmoins de l’ordre de 1 000 $ en faveur de Sonnet.
Optimiser les coûts avec le prompt caching
Le prompt caching réduit le coût des tokens déjà traités à 10 % du tarif de base. Si vous réutilisez un system prompt de 5 000 tokens sur chaque requête, le cache hit coûte 0,50 $/MTok sur Opus au lieu de 5 $. Cette fonctionnalité est disponible sur les deux modèles et se rentabilise dès la deuxième requête. Avec le nouveau tokenizer de Sonnet 5, recompter précisément ses prompts et activer le prompt caching devient d’autant plus pertinent pour maîtriser la facture.
Ce qui distingue Opus 5 de Sonnet 5
Sonnet 5 et Opus 5 partagent de nombreuses capacités : fenêtre de 1M tokens, sortie 128K, thinking adaptatif, prompt engineering avancé, vision et outils serveur. Les différences se jouent sur le réglage de l’effort, les garde-fous de sécurité et, côté Sonnet, un changement technique qui pèse sur le coût.
Toggle d’effort : trois niveaux sur Opus 5, adaptatif sur Sonnet 5
Opus 5 introduit un réglage d’effort simplifié à trois niveaux — low, medium et high (défaut) — accessible via un sélecteur dans Claude.ai ou le paramètre effort de l’API. Le niveau low est le levier d’économie, idéal pour piloter des dizaines de sous-agents parallèles ; high déploie le raisonnement approfondi pour le codage agentique exigeant. C’est une simplification du système à cinq niveaux (xhigh, max…) d’Opus 4.8. Pour la logique de routage entre niveaux, notre guide de l’Effort Control détaille les arbitrages.
Sur Sonnet 5, le thinking adaptatif est activé par défaut : contrairement à Sonnet 4.6, une requête sans champ thinking déclenche désormais un raisonnement dont le modèle module lui-même la profondeur. Ce raisonnement peut être verbeux et consomme des tokens de sortie — les plus chers. Sur des tâches simples et répétitives, désactiver le thinking (thinking: {type: "disabled"}) reste pertinent.
Garde-fous cybersécurité
Opus 5 est présenté par Anthropic comme son modèle le plus aligné à ce jour. Sa nouveauté la plus concrète : il peut analyser du code source pour assister la défense logicielle (revue de code, détection de vulnérabilités), mais refuse d’analyser des binaires compilés, un usage plus souvent associé à l’exploitation offensive. Sonnet 5 est, de son côté, le premier modèle Sonnet doté de garde-fous cybersécurité en temps réel : un refus arrive comme une réponse HTTP 200 avec stop_reason: "refusal", et non comme une erreur.
Le nouveau tokenizer de Sonnet 5
C’est le point technique le plus important à comprendre avant d’arbitrer sur le coût. Sonnet 5 utilise un nouveau tokenizer qui produit environ 30 % de tokens en plus pour un même texte, par rapport à Sonnet 4.6. Le tarif par token est inchangé, mais comme le même texte génère davantage de tokens, le coût effectif d’une requête équivalente augmente — un effet qui se cumule sur les longues sessions agentiques. Ce changement touche aussi la capacité réelle du contexte (moins de texte par token) et vos budgets max_tokens. Opus 5 conserve, lui, le tokenizer standard. À texte égal, ce paramètre resserre l’écart de coût entre les deux modèles.
Matrice de choix : Sonnet 5 pour les tâches courantes et le fort volume, Opus 5 pour le raisonnement extrême, le computer use de pointe et l’orchestration multi-agents.
Cas d’usage : quand choisir Sonnet, quand choisir Opus
Choisissez Sonnet 5 pour
- Codage quotidien : écriture de fonctions, correction de bugs, tests unitaires, revue de code. Avec 80,4 % sur Terminal-Bench 2.1, Sonnet 5 atteint un niveau qui, à la génération précédente, exigeait un modèle Opus
- Agents en continu : c’est le cas d’usage visé par ce lancement — faire tourner des agents des heures durant sans que la facture n’explose
- Knowledge work : rédaction, résumé, analyse, traduction. Sonnet 5 se montre compétitif sur GDPval avec la même fenêtre de 1M tokens
- Automatisation bureautique : traitement de documents, workflows répétitifs, agents à fort volume
- Budget serré : au tarif de lancement de 2 $ / 10 $, Sonnet 5 offre le meilleur rapport coût/capacité de la gamme
Choisissez Opus 5 pour
- Refactoring multi-fichiers à grande échelle : avec 43,3 % sur Frontier-Bench et 79,2 % sur SWE-bench Pro, Opus 5 gère les corrections complexes sur des dizaines de fichiers interconnectés
- Codage agentique de longue haleine : sessions de développement autonome où l’écart de capacité avec Sonnet se creuse sur la durée
- Audit de sécurité et analyse de vulnérabilités : les tâches critiques où chaque détail compte, avec le niveau d’effort
highpour un raisonnement approfondi - Raisonnement extrême : problèmes scientifiques ou algorithmiques complexes, avec 30,2 % sur ARC-AGI 3
- Computer use de pointe : l’état de l’art d’Opus 5 sur OSWorld 2.0 permet de piloter des interfaces là où Sonnet reste un cran derrière
- Orchestration multi-agents : le niveau
lowcombiné au tarif standard fait d’Opus 5 un bon orchestrateur d’une flotte de sous-agents
Si vous débutez avec Claude, notre guide pour bien démarrer vous aidera à configurer votre premier projet avant de choisir entre les modèles.
Routage 90/10 : économie de l’ordre de 45 % par rapport à un usage 100 % Opus.
Stratégie de routage : combiner les deux modèles
La stratégie la plus rentable consiste à ne pas choisir un seul modèle, mais à router intelligemment vos requêtes. La variante la plus efficace en agentique : faire orchestrer Opus 5 et exécuter les sous-tâches par des instances Sonnet 5.
Le principe 80/20
Dirigez 80 à 95 % de vos requêtes vers Sonnet 5 et réservez Opus 5 pour les tâches identifiées comme complexes. En pratique, cela revient à :
- Définir des critères de complexité : longueur du contexte, nombre de fichiers impliqués, type de raisonnement requis
- Router automatiquement : via l’API, analysez la requête et sélectionnez le modèle approprié
- Mesurer et ajuster : suivez la qualité des réponses par modèle et affinez vos critères
Exemple concret avec l’API
Si vous développez une application avec l’API Claude, vous pouvez implémenter un routeur simple basé sur la longueur du prompt ou des mots-clés indicateurs de complexité. Les requêtes contenant des termes comme « refactoriser », « auditer » ou « analyser en profondeur » sont dirigées vers claude-opus-5, le reste vers claude-sonnet-5.
Économies estimées
Pour un volume de 10 000 requêtes par mois (2 000 tokens en entrée, 8 000 en sortie), avec 90 % routées vers Sonnet 5 au tarif de lancement :
- Tout Opus 5 : ~2 100 $ / mois
- Tout Sonnet 5 : ~840 $ / mois
- Routage 90/10 : ~966 $ / mois (économie d’environ 54 % vs tout Opus 5)
Le routage intelligent permet de garder la qualité d’Opus là où elle compte, sans exploser la facture. Gardez en tête que le nouveau tokenizer de Sonnet 5 (+30 % de tokens) et le retour au tarif standard après le 31 août réduiront un peu cet écart : recomptez vos prompts avant de figer un budget.
Opus 5, Sonnet 5 ou Haiku 4.5 : la gamme complète
Pour être complet, voici où se positionne Haiku 4.5, le troisième modèle de la gamme Claude, dans cette comparaison.
| Critère | Haiku 4.5 | Sonnet 5 | Opus 5 |
|---|---|---|---|
| Entrée / Sortie | 1 $ / 5 $ par MTok | 2 $ / 10 $* par MTok | 5 $ / 25 $ par MTok |
| Contexte | 200K tokens | 1M tokens | 1M tokens |
| Positionnement | Entrée de gamme | Mid-tier | Flagship |
| Thinking adaptatif | Non | Oui (défaut) | Oui (+ toggle low/medium/high) |
| Cas d’usage | Triage, classification, réponses courtes | Codage quotidien, agents en continu, knowledge work | Raisonnement extrême, refactoring massif, orchestration |
*Tarif de lancement Sonnet 5 jusqu’au 31 août 2026 ; puis 3 $ / 15 $ par MTok.
Haiku 4.5 reste pertinent pour les tâches de classification, le triage de tickets et les réponses courtes à faible latence. Si vous cherchez à optimiser vos coûts, combiner les trois modèles via un routeur intelligent reste l’approche la plus rentable.
Pour explorer les capacités du plan gratuit de Claude, qui donne désormais accès à Sonnet 5 par défaut, consultez notre guide Claude gratuit.
Ce qu’il faut retenir
Sonnet 5 est le choix par défaut pour la grande majorité des utilisateurs et des développeurs. Avec 80,4 % sur Terminal-Bench 2.1 (devant l’ancien flagship Opus 4.8), 63,2 % sur SWE-bench Pro, une fenêtre de 1M tokens et un tarif de lancement de 2 $/MTok en entrée, le rapport qualité-prix est le meilleur de la gamme. Le seul vrai point de vigilance : le nouveau tokenizer ajoute environ 30 % de tokens, donc de coût effectif, sur un même texte.
Opus 5 conserve une avance nette sur les tâches les plus lourdes : 43,3 % sur Frontier-Bench (plus du double d’Opus 4.8), 79,2 % sur SWE-bench Pro, l’état de l’art sur OSWorld 2.0 et 30,2 % sur ARC-AGI 3. Il se justifie pour le codage agentique de longue haleine, le refactoring massif, la recherche complexe, le computer use de pointe et l’orchestration multi-agents — le tout au tarif inchangé de 5 $ / 25 $.
Mon verdict : la bonne stratégie n’est pas de choisir l’un ou l’autre, mais de les combiner via un routage intelligent. Sonnet 5 pour le volume et l’exécution, Opus 5 pour la complexité et l’orchestration.